Ecogestes

Cultiver des plantes mellifères pour contribuer à la sauvegarde des pollinisateurs

Publié le 14 avril 2020 , mis à jour le 02 juillet 2024

80 % de notre nourriture (fruits, légumes, colza, noix, amandes…) dépend directement des pollinisateurs comme les abeilles, les papillons ou les bourdons. Cependant, 80% des insectes auraient disparu en Europe depuis 30 ans ! En cause : majoritairement les pratiques d’agriculture intensive, couplées au dérèglement climatique. Les décideurs politiques ont un rôle à jouer pour inverser la tendance, mais que faire au niveau individuel pour aider les pollinisateurs ? Que ce soit à votre fenêtre, dans votre jardin, ou sur votre balcon, il est possible de cultiver des plantes mellifères qui pourront subvenir à leurs besoins alimentaires et contribuer ainsi à leur sauvegarde.

L'importance des pollinisateurs

Les pollinisateurs sont essentiels pour notre survie et pourtant en déclin. Actuellement, le taux de mortalité des abeilles est de 30%, alors qu’il était de 5% en 1990 ! L’extinction des abeilles serait non seulement un bouleversement pour notre autonomie alimentaire mais aussi un désastre économique, puisque cela coûterait 2,9 milliards d’euros par an à la France, selon une étude publiée par le ministère de l’Environnement.

Pourquoi ce déclin ? Une des causes identifiées est l’utilisation massive des pesticides. En effet, le but des pesticides de synthèse est entre autres de lutter contre les insectes ravageurs de plantes que l’on cultive. Or, les pollinisateurs se font également empoisonner : une analyse toxicologique des abeilles domestiques mortes en Europe montre que 98 % des abeilles examinées étaient empoisonnées par plusieurs résidus de pesticides. 

De plus, l’agriculture intensive en pesticides accentue les carences alimentaires des abeilles puisqu’elle uniformise les paysages en favorisant la monoculture et l’absence de diversité florale agricole, horticole et sauvage dont elles ont besoin pour butiner. Par exemple, ce qui peut être considéré en agriculture intensive comme de mauvaises herbes (pissenlit, chicorée sauvage, etc.), est pour les abeilles une ressource alimentaire précieuse. De même, les arbres (abricotiers, amandiers), les arbustes (bruyères, buis), les cultures (artichaut, carotte, chicorée, colza, luzerne ou bourrache), les bandes enherbées sont nécessaires à la bonne santé des pollinisateurs.

Par ailleurs, le dérèglement climatique aggrave la fragilité des pollinisateurs, puisqu’avec le dérèglement des saisons, certaines plantes peuvent fleurir plus tôt que prévu, ce qui change le régime alimentaire des abeilles et peut perturber leur accès à la nourriture.

Les pouvoirs publics doivent investir dans l’agroécologie, respectueuse de la biodiversité et de notre santé. Au niveau individuel, nous pouvons également aider les pollinisateurs à satisfaire leurs besoins alimentaires, grâce aux plantes mellifères.

C’est quoi une plante mellifère ?

Les plantes mellifères sont les plantes (fleurs, arbres, arbustes) qui produisent de bonnes quantités de nectar et de pollen de qualité pour subvenir aux besoins alimentaires des pollinisateurs (abeilles domestiques et sauvages, papillons, bourdons…).  

Les pollinisateurs vont venir sur ces plantes pour récolter le nectar et le pollen nécessaire pour se nourrir, et vont à leur passage disséminer le pollen de fleur en fleur, participant ainsi à leur fécondation et donc à la reproduction des plantes.

Avoir des plantes mellifères dans votre jardin ou votre potager c’est du gagnant-gagnant. Non seulement vous nourrissez les abeilles, qui pollinisent vos cultures, mais cela vous permet aussi de cultiver vos légumes au naturel plus facilement et sans l’aide de pesticides de synthèse. En effet, de nombreuses plantes mellifères sont également des parfaits répulsifs pour certains ravageurs. Par exemple, le souci et les capucines chasseront les pucerons et le thym éloignera les mouches. 

Calendrier de plantation : quelles mellifères semer ou planter à chaque saison ?

Pour vous approvisionner en graines, direction le site de l'association Kokopelli, qui propose des graines et des plants biologiques, libres de droits et reproductibles.

Printemps (21 mars-21 juin)

Artichaut
Aster
Aneth : à partir d’avril
Bleuets : avril-mai
Bruyère cendrée 
Bourrache : mars-avril
Calendula ou souci : avril-mai
Carotte : mi mai-fin juin
Cocombre
Coriandre
Coquelicot : début avril
Crocus
Dahlia : avril-mai
Epilobe
Fenouil : avril-juin
Fraisier : mars-avril
Géranium : avril-mai
Giroflée ravenelle : avril-juin
Héllebore : mars-avril-mai
Lavande : avril-juin
Lotier corniculé : avril-juin
Luzerne : fin mars-début avril

Népéta : mars-avril
Marguerite : mars-avril
Mélilot : mars-septembre
Menthe : mars-avril-mai
Panais : février-juin
Phacélie : mi mars-mi mai
Pied d’alouette
Romarin
Sainfoin : février-mars
Sarrasin : fin avril-fin juin
Sauge : avril-mai
Solidago : janvier-avril
Thym : avril-mai
Topinambour : mars-avril
Tournesol : avril-mai, après les gelées
Trèfle blanc : mars-avril
Trèfle violet : mars-fin juin
Vipérine : mars-fin avril 

 

Été (21 juin-22 septembre)

Ail des ours : juillet-mars
Carotte sauvage : juin-début juillet
Lotier corniculé : avril-juin et septembre-octobre
Luzerne : fin août-début septembre
Mélilot : mars-septembre
Moutarde des champs : mars-septembre
Violette 

Automne (22 septembre-21 décembre)

Bruyère cendrée
Coriandre
Giroflée ravenelle : septembre-octobre
Hellebore : septembre-octobre-novembre
Jacinthe
Lavande : septembre-octobre
Marguerite : septembre-octobre
Perce neige
Pied d’alouette
Romarin
Solidago : octobre-novembre-décembre

Hiver (22 décembre-20 mars)

Carotte : à partir de février sous châssis
Panais : février-juin

(Liste non exhaustive)

L'article vous a été utile pour mieux comprendre cette actualité ?

Pour approfondir le sujet

4 astuces pour jardiner sans pesticides !
Réduction des pesticides : 1 % des financements publics est réellement efficace
Agroécologie, la trajectoire à emprunter pour sortir des pesticides